Ils ont fusionné et ils le regrettent…

Courrier adressé à l’association S.O.S. Mariage forcé d’Étables-sur-mer

Nous vous avons déjà présenté dans un dossier les malheurs des Tagarins (habitants d’Étables-sur-mer) et nous avons déjà évoqué leur courage dans l’adversité.

Parce que nous pensons que leur lutte est noble et qu’il n’y a que du mérite à s’associer à de nobles causes nous avons décidé de contacter l’association S.O.S. Mariage forcé qui se propose de :

– Défendre et promouvoir la démocratie locale à Etables-sur-mer et Binic .

– Lutter contre la fusion Etables-sur-mer/Binic telle qu’elle a été envisagée et votée le 2 février 2016 et plus généralement mener toutes actions utiles dans ce but.

– Obtenir la défusion Etables sur Mer / binic.

– La présente association est indépendante de toute organisation à caractère politique.

Que des bonnes choses quoi…

Les organisateurs de la réunion publique : au centre Brigitte Le Chevert, porte parole, à gauche Pierre le Cornoux, président de l'association et Paul Chauvin, secrétaire. Pour une première, le soleil en était l'invité d'honneur. -

Quelques membres de l’association S.O.S. Mariage Forcé

Amis d’Étables-sur-mer bonjour,

je reprends contact avec vous en temps que membre du Collectif d’Information sur la Fusion Saint-Ouen/Montreuil.

Vos malheurs nous sont familiers parce que nous leur avons consacré un dossier complet sur notre blog  et que nous aussi en sommes à ces heures d’incertitude où l’on ne peut dire ce qui adviendra. La différence est que dans notre cas la municipalité n’a pas franchi le pas décisif du vote à main levé alors que la population est mobilisée.

Nous espérons ne pas en arriver là car nous avons obtenu de notre municipalité l’engagement d’une consultation qui sera prise en compte mais votre malheureuse expérience nous rappelle avec force que cela pourrait nous arriver si nous n’y prenons garde. De même votre pugnacité nous laisse admiratifs car aller au tribunal administratif pour obtenir une dé-fusion n’est pas une décision simple à prendre et elle demande courage et ténacité.

Nous avons bien noté que vous aviez publié dans le journal de votre association, le Tagar enchaîné, le petit mot solidaire que nous vous avions envoyé.

Encouragés par cet accueil et afin de nouer quelques liens entre nos deux communes nous aurions souhaité vous proposer deux choses qui seraient, nous le pensons, de nature à nous enrichir de nos expériences et à donner du poids à nos revendications :

– Nous aurions aimé que vous nous présentiez la situation de votre commune, sous la forme que vous souhaitez, vidéo, article ou autre… Nous serions très intéressés de connaitre votre version de l’histoire car nous devons lire entre les lignes les récits médiatiques pour avoir une idée des raisons de votre entreprise et nous aimerions avoir une petite présentation de votre association. Votre expérience de commune ayant fusionné nous intéresse car nous cherchons à connaître le ressenti d’habitants vivant dans une commune nouvelle pour savoir quels en sont les avantages et quels en sont les inconvénients. Sachez que c’est avec plaisir que nous nous engageons à vous faire une présentation de notre commune et de notre action si vous le souhaitez. Par ailleurs nous mettons en ligne sur notre blog le troisième numéro du tagar enchaîné.

– Nous aurions souhaité mener une action commune, c’est-à-dire au même moment dans nos communes respectives tout en mettant ce lien en avant. Outre l’aspect sympathique et symbolique cela nous semble être l’occasion pertinente d’ouvrir pour notre part quelques bouteilles de chouchen ou de cidre. Si vous étiez d’accord il me semble que le Vouvray et le Montlouis pourraient trouver grâce à vos yeux…

Nous espérons avoir de vos nouvelles rapidement et qu’elles soient bonnes,

Civiquement vôtre,

Le Collectif d’Information sur la Fusion Saint-Ouen/Montreuil

En prime, le dernier numéro de leur journal le Tagar déchaîné, un monument d’humour et de dérision, vous y trouverez, en page deux, le courrier adressé par le Collectif au mois de juin 2016…

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le lien pdf :

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S’ils avaient su, se seraient-ils lancés dans cette galère ?

Il n’y a pas beaucoup d’Audoniens qui semblent croire qu’il sera possible d’échapper à un regroupement scolaire en cas de fusion entre Saint-Ouen-les-Vignes et Montreuil. Notre question quotidienne sur le risque de regroupement en cas de création de commune nouvelle à révélé que 95% des habitants ayant répondu pensaient que c’était inévitable.

Ce n’est pas en regardant du côté de Montrichard-Val-de-Cher que les Audoniens risquent de changer d’avis ! Un an après la création de la commune nouvelle c’est le chaos qui règne dans l’organisation scolaire. Nous avions publié le courrier d’un conseiller municipal outré de constater que des enfants de Montrichard seraient envoyé à Bourré à la rentrée scolaire afin de tenir une promesse insensée, probablement faite suite à un travail de groupe où la volonté de convaincre les habitants des bienfaits d’une fusion l’avait emporté sur la raison et la logique.

Aujourd’hui, un an après donc, le maire de la commune nouvelle a le choix : tenir sa promesse en dépit du bon sens et de toute logique budgétaire ou se dédire. Cette année il a choisi la première option, la charte l’y a certainement aidé ainsi que le rappelle l’article, mais l’an prochain… On prend les paris ?

En espérant que les Montrichardais n’aient pas passé trop de temps à la rédiger cette charte…

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Pourquoi scolariser des Montrichardais à Bourré ?

02/07/2016 05:46

Des familles ont manifesté, avant la dernière réunion du conseil municipal de Montrichard-Val de Cher. - Des familles ont manifesté, avant la dernière réunion du conseil municipal de Montrichard-Val de Cher. - (Photo cor. NR, Pierre Foltran)

 DES FAMILLES ONT MANIFESTÉ, AVANT LA DERNIÈRE RÉUNION DU CONSEIL MUNICIPAL DE MONTRICHARD-VAL DE CHER. – (PHOTO COR. NR, PIERRE FOLTRAN)

Une réorganisation du tissu scolaire a été annoncée pour la rentrée, au sein de la commune nouvelle Montrichard-Val de Cher.

 La commune nouvelle Montrichard-Val de Cher a connu, jeudi 23 juin, un conseil municipal dont l’agitation était à la mesure de celle de plusieurs parents, venus manifester leur mécontentement auprès des élus. L’émotion de ces pères et mères trouve son explication dans l’annonce récente de la scolarisation à la rentrée prochaine d’élèves de CM1 (actuellement en CE2) de Montrichard à Bourré.

La décision a été prise mi-juin, selon le maire délégué (également maire de la commune ancienne) de Bourré, Damien Hénault. Unis depuis le 1er janvier au sein de Montrichard-Val de Cher, Montrichard et Bourré avaient entrepris de redéfinir l’organisation de leurs écoles. Jusqu’à cette année, l’établissement scolaire bourrichon appartenait à un regroupement pédagogique intercommunal (RPI), administré par un Syndicat intercommunal à vocation scolaire, avec celui de Thésée. Quatre classes se trouvaient à Thésée, une cinquième à Bourré. « Les élus ont pris la décision de dissoudre le Sivos de Bourré-Thésée après la validation de la carte scolaire le 7 mars », détaille Christophe Méot, inspecteur de l’Éducation nationale adjoint. Malgré le « mariage » de Bourré et Montrichard – explique Stéphane Ricordeau, secrétaire départemental de la FSU, syndicat enseignant – « rien n’imposait la mise en œuvre de modifications [du schéma scolaire] dans un délai aussi court. ». Le syndicaliste dénonce une « déstabilisation rapide du tissu scolaire » des communes concernées.
« Avant même la création effective de la commune nouvelle, nous [élus] nous étions engagés, dans une charte, à maintenir la classe et l’école de Bourré », rappellent Jean-Marie Janssens, maire de Montrichard-Val de Cher, et Damien Hénault. Dans ces conditions, ainsi que dans celles imposées par la carte scolaire, le conseil des maîtres, c’est-à-dire les équipes pédagogiques de Montrichard et de Bourré, a entrepris de répartir les enfants dans les deux écoles « le 1er juin, après avoir obtenu la certitude que le Sivos serait dissout », selon Damien Hénault. « Montrichard-Val de Cher dispose [désormais] d’une école répartie sur deux sites et totalise sept postes d’enseignants », expose Christophe Méot. « Six à Montrichard et un à Bourré. » Professeurs et directeurs des écoles ont construit leur plan « en fonction de critères pédagogiques, mais aussi des fratries », indique Stéphane Ricordeau. En résulte que Bourré comprendra, à la rentrée, une classe de CM1 (avec une vingtaine de jeunes Montrichardais), tandis que Montrichard présentera une classe mixte CM1-CM2 et une classe de CM2.

Restauration mutualisée

Jean-Marie Janssens souligne l’instauration d’une gratuité totale des transports scolaires au sein de la commune nouvelle. Se voulant rassurant à l’égard des familles, il affirme que les parents d’élèves scolarisés à Bourré pourront continuer à les déposer et à venir les chercher chaque jour aux mêmes horaires que par le passé. La liaison entre les deux établissements sera assurée par la commune nouvelle. « Les élèves qui le souhaiteront pourront même participer aux temps d’activités périscolaires à Montrichard », ajoute-t-il, précisant que la restauration scolaire sera « mutualisée » entre Montrichard-Val de Cher et Saint-Julien-de-Chédon. « Les repas seront fabriqués à Montrichard, puis transportés. »

la phrase

« Il n’y a pas d’impact direct entre fermeture d’école et création d’une commune nouvelle. »
Ces mots émanent de la préfecture de Loir-et-Cher, cette dernière précisant néanmoins que « les communes peuvent décider d’elles-mêmes de revoir les implantations des écoles, étant donné qu’elles ont la charge des équipements en la matière. »

Léa Bouquerot


Dossier: l’exemple d’Estables-sur-mer marié de force à Binic.

Les habitants d’Estables ont découvert un beau jour qu’ils allaient se marier avec la commune voisine de Binic. Stupeur générale. Après c’est le schéma auquel nous sommes habitués: constitution d’un collectif, demande de référendum, manifestations diverses… 

L’opposition a été immédiate et très vive ainsi que le montre cet article de Ouest-France dans lequel la partialité du journaliste ne laisse que peu de place au doute:

Commune nouvelle : il n’y aura pas de référendum

  • Un dernier forum sous haute tension ce mercredi soir à la salle des loisirs.
    Un dernier forum sous haute tension ce mercredi soir à la salle des loisirs. | 

Près de 350 habitants ont assisté mercredi soir à la réunion sur la fusion entre Binic et Étables. Entre élus et opposants, les échanges ont été extrêmement tendus.

350 personnes dans la salle

Plus de 350 personnes étaient mercredi soir à la salle des loisirs pour le dernier forum public organisé par Binic et Étables concernant le projet de commune nouvelle. Au programme, la gouvernance de la future commune. Un public où les opposants au mariage étaient largement majoritaires et fermement décidés à réclamer haut et fort une consultation de la population.

Une réunion en deux temps

La réunion s’est déroulée en fait en deux temps. Une première partie agitée et électrique, à la limite parfois de la violence, et une seconde partie plus apaisée où le débat contradictoire s’est instauré de manière plus sereine et constructive.

Agressivité

D’entrée de jeu, dès la première diapositive de présentation, Laurent Honoré, adjoint à Binic, se fait interpeller : « Nous sommes à Étables ! Vous n’avez pas à prendre la parole ici ! » Le ton est donné, la colère et l’agressivité sont palpables dans la salle. « Nous tenons à notre identité et notre tranquillité », lance un Tagarin. Les élus tentent d’avancer dans leur présentation sur la gouvernance. Aussitôt stoppés par une personne du public : « L’élection du maire de la commune nouvelle est évidente, puisque vous avez plus de conseillers à Binic qu’à Étables. On se retrouve avec Attila qui est rentré sur nos terres ! Monsieur Urvoy ne sera jamais mon maire. » Le ton monte. Les élus calment le jeu. « Vous noyez le poisson. Ce que nous voulons, c’est un référendum », scande le public.

Le référendum, « une fausse bonne idée »

Référendum, le mot est lancé. « Pourquoi ne voulez-vous pas d’un référendum », demande-t-on dans la salle. Réponse de Gérard Losq : « Nous respectons la loi qui nous permet d’utiliser les votes concordants des deux conseils municipaux. » Et Laurent Honoré de poursuivre : « Aujourd’hui, l’idée d’un référendum est une fausse bonne idée. Les citoyens ne vont pas répondre à la question de fond. Ce sera tranché contre ou pour, et on va ainsi déchirer la population plutôt que de l’unir ». « Vous essayez de nous faire le coup du 49-3 », lance-t-on dans le public. C’est alors que Gérard Losq déclare, en réponse à une énième question sur la tenue d’un référendum : « Non, il n’y aura pas de référendum… »

Les frondeurs quittent la salle

Après un déchaînement verbal où l’on peut entendre des mots comme « fascisme » et « dictature », la salle se vide d’environ 150 de ses opposants les plus irréductibles. L’ambiance s’apaise et s’instaure un débat contradictoire plus constructif et argumenté. Avec même des propositions de solutions pour sortir de ces positions arc-boutées. « Pourquoi pas un sondage plutôt qu’un référendum », lance Noël Pierre, qui propose également de s’orienter vers une mutualisation plutôt que vers une fusion. « En Sud-Goëlo, nous avons des exemples de mutualisation qui fonctionnent bien ». Réponse de Christian Urvoy : « On n’a pas tout réussi. Problème du pilotage ».

Restaurer le dialogue entre élus et citoyens

Monsieur Lagoutte intervient à nouveau sur la démarche : « Monsieur Urvoy est parti en solo. Un élément qui a faussé la démarche dès le début. La communication avec la population n’a pas été à la hauteur ». « Nous le reconnaissons, déclare Gérard Losq, mais nous vous avons entendu, et c’est pour cela que nous avons retardé le projet de deux mois ». Le public interroge les élus : « Mais comment restaurer le dialogue entre élus et citoyens ? ». « Pour rapprocher élus et citoyens, il faudra mettre en place des structures de travail partenariales et envisager un référendum pour les prochaines fusions qui pourraient être réalisées avec d’autres communes voisines. »

La télévision régionale s’en mêle dans un ton nettement plus objectif et, pour ceux qui ont l’habitude de consulter les articles de ce blog, il est frappant de voir à quel point les arguments des collectifs sont toujours les mêmes là où se montent ces projets qui ne font aucun cas des habitants:

Malgré tout la municipalité choisit le passage en force, méprise ses habitants et fusionne avec Binic. Fin de l’histoire ? Pas du tout ! Le collectif se structure et appelle maintenant à une dé-fusion en utilisant tous les recours possibles. Notamment un recours au tribunal administratif:

Leur blog, très complet, mérite le coup d’œil pour ceux qui ont du temps. La page vidéo contient notamment tous les conseils municipaux. Exemple: 

Au final, nous avons là un exemple remarquable à plusieurs égards :

-Projet qui se monte dans le pus grand secret, y compris vis-à-vis des conseillers municipaux suspectés de s’opposer

-Mobilisation massive de la population pour obtenir un référendum

-Autisme d’une partie de l’équipe municipale prête à tout pour faire passer son projet anti-démocratique et liberticide

-Courage des habitants qui continuent la lutte. Même une fois la fusion actée ils ne se démobilisent pas!

Pour laisser un petit mot de soutien des Audoniens aux Tagarins c’est par ici. Un petit mot c’est pas grand chose mais c’est du réconfort.


 Ecoles: l’exemple ubuesque de Montrichard-Val de Loire.

« La commune nouvelle ne supprimera pas de services publics! » s’étaient défendus les élus locaux avant la création de la Commune Nouvelle sauf que tenir cette promesse s’avère aujourd’hui très compliqué et des élèves de Bourré se retrouvent sectorisés sur Montrichard tandis que des élèves de Montrichard sont, eux, sectorisés sur Bourré. Compte rendu d’une situation abracadabrante.

bourré école manif GIL

Les villes de Bourré et Montrichard ont fusionné alors que Chissay, suite à un référendum, n’a pas suivi le mouvement. Pour satisfaire les habitants sceptiques envers la Commune Nouvelle un certain nombre de promesses ont été faites, notamment par rapport à la sauvegarde de l’école de Bourré, menacée, disait-on, de regroupement avec Montrichard.

L’avenir de l’école de Bourré, selon les partisans de la Comune Nouvelle, n’était pas lié au projet qu’ils défendaient et ils feraient le nécessaire pour assurer sa pérennité dans le futur.

Sauf que cette année, pour la première année d’existence de Montrichard-Val de Cher, la situation s’est compliquée. En effet, le conseil municipal de la commune nouvelle a dissout le Sivos (Syndicat Intercommunal à Vocation Scolaire) dans lequel s’inscrivait l’école de Bourré (en Regroupement Pédagogique Intercommunal avec l’école de Thésée) afin d’éviter une fermeture de classe en maternelle sur la Commune Nouvelle. Les élèves de maternelle de Bourré ont du coup pu être sectorisés sur Montichard.

Oui mais, contrecoup, l’école de Bourré s’est retrouvée atrophiée et menacée dans sa survie alors, pour satisfaire aux anciennes promesses de pérennité, la moitié des élèves de CM1 de Montrichard s’est retrouvée sectorisée sur l’école de Bourré !

La situation est improbable et il est raisonnable de penser qu’elle ne se reproduira pas une deuxième année. Des aménagements seront forcement trouvés à l’avenir. Lesquels ? Continuer à sectoriser des enfants de Montrichard à Bourré de manière aléatoire ou sectoriser les enfants de Bourré à Montrichard en fermant leur école?

C’est dans ce contexte qu’au conseil municipal du 23 juin 2016 de la Commune Nouvelle de Montrichard-Val de Cher, Alban Prou, conseiller municipal de la Commune Nouvelle a lu la lettre suivante, dénonçant les dérives de l’organisation en Commune Nouvelle et la situation ubuesque dans laquelle se trouve la ville de Montrichard-Val de Cher, mais également suggérant quelle conclusion apporter à cette histoire d’école.

Lettre lue au cours du conseil municipal du 23 juin 2016 par un conseiller municipal de l’opposition :

Mesdames, Messieurs les élus de Montrichard Val de Cher,

Laissez-nous vous raconter une triste histoire. Comme celle que l’on ne raconte pas à nos enfants.

Il était une fois, vendredi 17 juin dans la belle école Jules Verne de Montrichard, classe des CE2…
Allan, Cathy, Agathe, Tom, Gaël, Romane, Maël, Thomas, Eden, Yohan, Suzon et leurs copains étaient tout heureux d’entendre la sonnerie de l’école. Enfin l’heure du week-end, de rentrer à la maison. Pourtant ils l’aiment leur école, là où ils ont grandi, là où depuis de nombreuses années ils retrouvent leurs copains. Dans leur cartable, certains trouvent une lettre non nominative :
-« Hé Agathe, tu l’as toi le courrier ? Moi, je ne l’ai pas.» dit Suzon.
-« ça doit être le courrier pour ceux qui partent à Bourré » répond Agathe.
-« Moi je l’ai car il parait que ce sont les meilleurs qui vont là bas ».
– « Mais je ne comprends rien à ce que vous dites. Pourquoi on doit aller à Bourré ? Je vais demander à maman de m’expliquer.» s’exclame un autre enfant.

Il a fallu en essuyer des larmes vendredi soir, personne de la mairie pour expliquer à nos enfants, pour nous donner à nous parents les mots pour répondre à leurs questions :
 Pourquoi moi ?
 Pourquoi mes copines restent alors que moi je dois aller à Bourré ?
 Pourquoi je ne peux pas rester dans mon école ?
 Maman, tu ne pourras plus venir me chercher pour rentrer manger à la maison le midi ?
 On ne rentrera plus chez nous à pied ?
 On sera tout seul à Bourré ?
 Je ne pourrais plus jouer avec les grands et les petits ?
 Je ne pourrais pas faire la rentrée des classes avec mon frère ?
 Est-ce que mes copines qui restent à Montrichard seront toujours mes copines ?

Et nous, parents, qui répond à nos questions ? :
 Est-ce que l’arrivée de quelques enfants de Bourré en maternelle pour permettre de maintenir une classe justifie le déplacement d’une vingtaine CM1 Montrichardais dans l’école de Bourré ? Non, Mesdames, Messieurs les élus, cet argumentaire ne suffira pas à nous culpabiliser.
 Pourquoi délocaliser une classe de Montrichard à Bourré alors que notre école est suffisamment grande pour accueillir tous les enfants de notre ville ?
 Faut il que nous inscrivions nos enfants dans le privé pour qu’ils puissent être scolarisé avec leurs frères et soeurs ?

 Comment justifier un tel gaspillage d’argent public ?
o FRAIS de transport
o FRAIS d’accompagnement des enfants
o FRAIS d’entretien
o FRAIS de chauffage pour une seule classe
o FRAIS de nettoyage et tant d’autres…..
Même si le transport est aujourd’hui gratuit, c’est le contribuable qui paiera tôt ou tard la facture.

Nos impôts servent à entretenir l’école Jules Verne. Vous avez engagé des travaux tels que la rénovation de la toiture. Pourquoi tous les enfants de la commune déléguée de Montrichard ne peuvent pas en bénéficier ?

 Quelle organisation sera mise en place pour les externes ?

Quelle aide financière est prévue pour les parents dont les enfants seront à Bourré et qui n’ont pas les moyens de financer la cantine ? Ne considérez vous pas qu’il s’agit alors d’une rupture d’égalité entre les familles ?

 Quelle organisation pour les parents, les grands-parents qui n’ont pas de voiture ?

Quel casse-tête pour les parents lorsque l’instituteur de Bourré les appelle parce que leur enfant est malade et qu’il faut aller le chercher!
Quel casse-tête pour les parents lorsque le chauffeur du bus est malade, l’accompagnateur, l’instituteur est malade…
lorsque les intempéries empêchent tout transport collectif !

 Quel sera l’impact psychologique sur nos enfants d’un isolement géographique et humain ? Cela aura-t-il des conséquences sur leur travail ?
 Qu’en sera-t-il de la sécurité de nos enfants ? Si le maître, SEUL dans son école fait un malaise, qui prendra en charge les enfants ?
 Ne pensez vous pas que la décision que vous allez prendre ce soir diminue l’attractivité de Montrichard auprès de nouvelles familles et contribue à son vieillissement ?

NOUS PARENTS, avons CHOISI de vivre à Montrichard, tolérant des impôts élevés, sachant que nous bénéficions d’une école maternelle, primaire, d’un collège, d’un cinéma,
d’une piscine, d’un hôpital local, de nombreux commerces de proximité …

OUI, nous avons choisi de vivre à la campagne MAIS dans une petite ville dotée de nombreux services.
Bien sûr, nous sommes conscient du stéréotype « un village sans école est un village qui meurt » mais pensez vous réellement que 25 enfants qui arrivent en bus le matin et repartent en bus le soir » contribuent au maintien du commerce local et des services publics. SOYONS REALISTES !
 Quel intérêt nos enfants ont-ils a être scolarisé à Bourré plutôt qu’à Montrichard?
 Nos enfants seront-ils jusqu’en septembre des PIONS que vous déplacerez à votre bon grès pour combler le manque d’effectif de Bourré ?
La question n’est pas de savoir pourquoi nous ne voulons pas que nous enfants aillent à Bourré mais plutôt POURQUOI ON LES EMPECHE DE RESTER A MONTRICHARD ?
Tout ça pour ça pourrait on dire ? Pour faire plaisir à qui ????

VOUS, Monsieur Janssens, maire de Montrichard Val de Cher, avez décidé SANS CONCERTATION d’envoyer NOS enfants à Bourré. Vous en disposez comme bon vous semble. Nous ne savions pas que NOS enfants étaient VOS enfants.
Nous sommes indifférents aux étiquettes politiques, nous souhaitons simplement des élus qui bossent avec leur coeur dans l’intérêt du contribuable et de ses enfants.
Ce soir, VOUS ELUS, de Montrichard Val de Cher, allez voter pour l’avenir de nos enfants. La politique ne devrait pas avoir sa place dans votre décision. Votez en votre âme et conscience et AGISSEZ pour le bien être de nos enfants et de toutes les familles Montrichardaises.
Pour plus d’informations et exprimer votre soutien contacter le : collectifparentsmontrichard@gmail.com


 L’exemple de Bourré et de son école

Jean-Michel Mijeon, président de l’ASCET (Association au  Service de Chissay-en-Touraine, nous a écrit pour nous faire part de son expérience face à un projet de Commune Nouvelle présenté comme « inévitable » par la municipalité, amené dans des conditions chaotiques à la connaissance des habitants qui avaient été laissés dans le flou et l’incertitude jusqu’au dernier moment (lire ici pour se rappeler les événements). Si les habitants de Chissay-en-Touraine ont obtenu un référendum sur le projet de Commune Nouvelle et ont eu leur avis pris en compte, les habitants de Bourré et Montrichard ont vu le projet se concrétiser, devant, pour tout débat, se contenter des belles promesses des municipalités. Un an après elles s’effritent déjà, notamment au niveau de l’école de Bourré qui « n’était pas menacée de fermeture » mais est aujourd’hui réellement en sursis.

Pour bien comprendre le propos de Jean-Michel Mijeon  il faut se souvenir que le maire de la « commune annexe » n’est pas élu au suffrage universel mais n’est désigné que par le conseil municipal de la Commune Nouvelle et que son avis n’est que consultatif.

MONTRICHARD VAL DE CHER OU :

« LA GRENOUILLE QUI VOULAIT SE FAIRE AUSSI GROSSE QUE LE BŒUF… »

Il y a de cela quelques mois j’ai dénoncé avec force les dangers que représentaient une fusion entre Montrichard et Bourré.

A l’époque le maire nouvellement élu de Montrichard Val de Cher, Jean Marie Janssens ainsi que son maire délégué de la commune de Bourré affirmaient dans une tribune et cela juste après la création de la commune nouvelle : « qu’il faudrait les juger sur les actes et non sur les paroles ». Affirmant «  que chaque conseil municipal rationnaliserait et baisserait ses coûts de fonctionnements ».

Désormais, on peut se poser la question sur la véracité de ces propos.

Car aujourd’hui et cela sans concertation avec les parents d’élèves et au détriment des petits enfants, mais également des dépenses communales, l’équipe municipale a décidé en toute fin d’année scolaire d’envoyer une grande partie des enfants de CM1 de Montrichard vers la commune annexe de Bourré dans le cadre d’une gesticulation politique ayant pour but de temporiser la mort de l’école de la commune annexe.

Au-delà de cet exemple qui confirme oh combien le manque de travail sur la création de ce nouveau millefeuille institutionnel , on peut simplement en conclure que le chambardement qu’est la création de communes nouvelles a pour seule vocation de réduire l’action publique locale, de diminuer les services à nos concitoyens, avec le faux objectif de faire des économies comptables.

Les élus municipaux de proximité semblent déjà ne plus agir sur la réalité.

Ils sont entrain de devenir de simples intermédiaires des ambitions politiques du maire, au mieux des médiateurs locaux, sans aucun pouvoir décisionnel, ne disposant pas des moyens de répondre aux demandes et aux besoins de la population.

Au regard de ces quelques éléments les habitants de Montrichard Val de Cher devront rapidement se poser la question de cette nouvelle organisation territoriale que je juge catastrophique et dangereuse pour la démocratie.

Car aux cotés du renforcement des pouvoirs des communes nouvelles et de l’accroissement géographique et politique des communautés de communes se dessinent les mêmes objectifs : renforcer la concurrence entre les territoires, centraliser les pouvoirs, réduire le service public aux populations, affaiblir la démocratie locale de proximité.

Je considère qu’il nous faut des communes, des cantons, un territoire au plus près de ses habitants, permettant aux citoyens de s’engager dans la gestion locale, tant en milieu rural qu’en milieu urbain, pour développer les services publics, améliorer les conditions de vie de chacun, favoriser le «  vivre ensemble ».

Jean Michel Mijeon, président de l’association ASCET (association au service de Chissay en Touraine).