Analyses

Un sénateur dénonce les manœuvres de l’éducation nationale pour fermer des écoles

En ce moment ont lieu les premiers groupes de travail qui planchent le plus objectivement du monde sur le projet de quelques membres du conseil municipal de fusionner absolument avec la voisine Montreuil-en-Touraine.

Bien entendu on peut imaginer que les éléments proposés à l’étude sont totalement objectifs, que les intervenants sont réputés pour leur impartialité et qu’il est rappelé qu’une charte de commune nouvelle n’a aucune valeur contraignante et n’est donc absolument pas garante des principes qui y sont inscrits.

« Si on nous dit qu’il n’y aura pas regroupement scolaire, c’est vrai » pourrait-on être tenté de croire sauf qu’entre 2001 et 2012 c’est plus de 5 000 écoles qui ont été fermées selon les chiffres de l’INSEE. Le fait que « dans le secteur public, les écoles de une à quatre classes sont le plus touchées » est probablement un autre hasard curieux. Une moyenne d’une fermeture d’école par jour depuis dix ans n’est certainement pas le fruit d’une politique rationalisée mais de circonstances troublantes iront peut-être jusqu’à dire les défenseurs d’une fusion.

Mais si certains ont besoin de nouvelles preuves que notre école ne résisterait probablement pas à une fusion (et cela quoi qu’il soit écrit dans la charte) voici maintenant l’intervention d’un sénateur du Morbihan qui dénonce un nouveau stratagème de l’éducation nationale afin de fermer des écoles rurales.

En effet, ce sénateur a été alerté sur le fait que si les élus locaux ne veulent pas franchir le pas, les EPCI (les communautés de communes) peuvent le faire à leur place par le biais d’une convention « ruralité »proposée par les préfets.

C’est ainsi que le 12 mai il pose, par écrit, sa question au ministère de l’éducation nationale qui sera inscrite à l’ordre du jour des questions orales au gouvernement du 30 juin 2016.

Afficher l'image d'origineQuestion orale n° 1445S de M. Michel Le Scouarnec (Sénateur du Morbihan)

publiée dans le JO Sénat du 12/05/2016 – page 1954

M. Michel Le Scouarnec attire l’attention de Mme la ministre de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche sur le regroupement et la contractualisation des écoles rurales. En effet, une réorganisation du tissu scolaire dans les zones rurales est actuellement menée. Les préfets ont, ainsi, pour mission de faire signer des conventions « ruralités » aux élus locaux. Dans l’académie de Rennes, dont dépend le département du Morbihan, le recteur d’académie a déjà rencontré les présidents de communautés de communes du centre-ouest de la Bretagne, pour leur faire signer une convention qui restructure les écoles publiques du secteur. Or, en 2014, les services du ministère de l’éducation nationale demandaient déjà de travailler les projets éducatifs en lien avec les partenaires de l’école, en particulier les établissement publics de coopération intercommunale (EPCI), en envisageant de contractualiser, à moyen terme, un réseau renouvelé et une ambition éducative réaffirmée, afin de limiter, en restructurant le réseau, le nombre de petites écoles de une à trois classes, notamment dans le Morbihan. Or, il apparaît que le seul objectif poursuivi soit la fermeture des petites écoles publiques, sans tenir compte de l’avis des maires, en passant par le seul prisme de l’intercommunalité. Une telle stratégie s’inscrit clairement dans une volonté de regroupement des écoles et de contractualisation sur un territoire, sans concertation avec les premiers acteurs et sans tenir compte des spécificités locales et des besoins. C’est pourquoi il lui demande de préciser ses intentions en la matière et de lui indiquer les mesures envisagées en faveur des écoles rurales.

La question du sénateur a été posée à la ministre de l’éducation nationale mais c’est le Secrétaire d’état à la Réforme de l’Etat et à la Simplification, Mr Placé, qui répond. Le moins que l’on puisse dire c’est que la réponse est d’une platitude très politicienne et ne répond à rien de ce qui était demandé. Superbe exemple de langue de bois qui noie le poisson sans rien expliquer et encore moins régler. Toutefois la convention proposée aura été mise entre parenthèses pour un temps.

Sur l’école vous pouvez lire également :

Nous avons déjà évoqué le cas des Côtes-d’Armor ou le recteur avait été surpris par les partenaires sociaux dans une campagne publicitaire d’un nouveau dispositif de regroupement en écoles « intercommunales ».

Nous avons rappelé que l’AMRF (Association des Maires Ruraux de France) lors de son congrès national du 9 octobre dernier avait tiré la sonnette d’alarme au sujet de l’école rurale en France.

Tout près de chez nous, nous avons suivi l’évolution de l’école de Bourré appartenant à la récente commune nouvelle de Montrichard Val de Cher, qui, bien que la charte spécifie le contraire, se voit menacée dans sa survie pour cause de logique économique.

Nous avons expliqué les zones d’ombres de la carte scolaire, « compétence partagée » entre élus et ministère de l’éducation nationale qui fait que la décision est bien souvent prise par le ministère et actée par les élus.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s