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Mauvaise fusion d’un jour, mauvaise fusion de toujours

Autre temps, autre mœurs a-t-on coutume de dire, sauf que dans le cas de la fusion de Descartes avec Balesme ce n’est pas tout à fait exact. Pas tout à fait, voire même pas du tout si l’on se fie à l’article de la Nouvelle République paru jeudi 29 décembre et annonçant le cinquantenaire d’une fusion qui n’a jamais été acceptée.

Et aujourd’hui que certains, dans le conseil municipal, sont pris de démangeaisons à l’idée de fusionner notre commune avec la voisine Montreuil-en-Touraine on peut y voir une mise en garde très forte contre toute idée fixe conduisant à penser quelque chose de la sorte : « bah les habitants ne veulent pas fusionner maintenant mais si on le fait quand même ils seront bien obligés de s’y faire ! »

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En 1967, les intérêts de Descartes font qu’il y a une fusion s’opère avec sa voisine Balesme, oui mais le problème c’est que les habitants ne voulaient pas de cette fusion et aujourd’hui, cinquante ans après, ils n’en veulent toujours pas, preuve si besoin en est que si les habitants de veulent pas d’une fusion, le temps ne fait rien à l’affaire et le refus perdure.

Les zélateurs de la fusion entendront-ils ce message fait de sagesse qui les incite à cesser là leur projet dont personne ne veut pour se concentrer sur des choses plus utiles ou continueront-ils à se fourvoyer dans un projet à la viabilité nulle ?

Les cinquante ans d’une fusion mal aimée

29/12/2016 05:36
L'église de Balesmes. Les querelles de clocher entre Balesmes et La Haye-Descartes sont longtemps restées vivaces. (Photo corr. NR, Patrick Martin) - L'église de Balesmes. Les querelles de clocher entre Balesmes et La Haye-Descartes sont longtemps restées vivaces. (Photo corr. NR, Patrick Martin)
 L’église de Balesmes. Les querelles de clocher entre Balesmes et La Haye-Descartes sont longtemps restées vivaces. (Photo corr. NR, Patrick Martin)

Une fusion peut-elle en cacher une autre ? Ce 1er janvier 2017, les quatre communautés de communes du Grand Lochois n’en formeront plus qu’une. Mais dimanche, on commémorera les cinquante ans d’une autre fusion : celle des communes de La Haye-Descartes et de Balesmes. C’est en effet le 1er janvier 1967, il y a exactement un demi-siècle, que la petite ville et la grande commune rurale se sont unies sous le nom de Descartes.

Cet anniversaire semble tombé dans l’oubli. Il faut dire que le mariage entre Balesmes et Descartes ne s’est pas fait sous le signe de la passion. Et l’amour fou n’est pas vraiment né par la suite non plus. Descartes, à l’étroit dans des limites remontant peu ou prou à celle de ses fortifications médiévales, avait tout simplement besoin de place (1).

«  Dire oui à la défusion  »

Déjà, au XIXe siècle, Descartes avait absorbé treize hectares de Balesmes. Une paille au regard de ce que la fusion des deux communes a permis en 1967 : Descartes est alors passée de 232 à… 3.809 hectares (2).
Mais à Balesmes, la pilule a eu du mal à passer. Le fait que le maire de l’ancienne commune, Pierre Pascault, ait pris à l’époque la tête de la municipalité de la nouvelle grande commune n’y a rien changé. Aujourd’hui encore, à Balesmes, on se dit avant tout… habitant de Balesmes, surtout si on y est né. L’indépendantisme y est longtemps resté vivace. En 1989 – deux décennies après la fusion ! –, un tract sort pendant la campagne des élections européennes. « Habitants de Balesmes, on se moque de vous depuis vingt-deux ans. […] La fusion avec La Haye n’est pas irréversible. Balesmes peut redevenir Balesmes », martelait le pamphlet sur fond de dénonciation du sort jugé injuste fait à l’ancienne commune. Et d’appeler les citoyens de Balesmes à un geste symbolique : plier un coin du bulletin de vote lors du scrutin européen. « Ce sera votre manière de dire oui à la défusion, sans pour autant que votre bulletin soit annulé », précise l’auteur, resté anonyme. 170 électeurs ont suivi son conseil ! Signe de la persistance du séparatisme balesmois…

(1) Une large partie de cet article se fonde sur un dossier publié dans le n° 49 du « Magazine de la Touraine » paru en janvier 1994. (2) Cinq ans avant la fusion, Balesmes était légèrement plus peuplée que Descartes.

 

Pierre Calmeilles
En bonus, la chanson de Brassens qui résume tout :
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