Analyses

L’avis des maires d’Indre-et-Loire sur les communes nouvelles est clair : les Audoniens n’ont pas de chance…

Le congrès annuel de l’AMF a eu lieu fin novembre à Tours. L’occasion d’avoir une vue d’ensemble sur l’opinion des maires du département.

Le moins que l’on puisse dire c’est que l’enthousiasme médiatique pour les communes nouvelles et la réforme territoriale dans son ensemble ne s’est pas tellement diffusé dans les rangs des élus, bien au contraire.

En effet, les maires d’Indre-et-Loire dans leur immense majorité sont opposés aux communes nouvelles, ce sont les médias qui sont favorables aux regroupements. D’habitude on ne peut s’en rendre compte puisque les articles concernent seulement le ou la maire qui décide de fusionner mais ici, isolé(e) au milieu de ses collègues on se rend facilement compte de la supercherie.

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Il y met du cœur le journaliste de la nouvelle république pour exprimer son enchantement pour la modernité que représente la réforme territoriale, pour le travail d’adaptation de la France aux contraintes de la mondialisation, pour la fin de « l’esprit de clocher », pour la disparition des archaïsmes !

On peut dire qu’il fait ce qu’il faut pour donner à son article une tonalité « révolutionnaire ». ainsi il commence par évoquer une « grande page territoriale qui se tourne » puis au sujet des communes nouvelles il note, dans un élan de ferveur non maîtrrisé que « certaines communes commencent à s’unir » et que le mouvement « devrait s’accélérer » signant la fin de cet « esprit communal et [de cette] ambiance villageoise » abhorrée.

Tout l’article est du même tonneau et chacun pourra s’en rendre compte à sa lecture.

Mais il y a un hic dans ce chant plein d’allégresse, les réactions des élus qui sont loin de partager ce grand enthousiasme. Même le président départemental de l’AMF (Association des Maires de France) se montre très mitigé dans sa réaction alors que le président national de l’AMF (François Barouin) est un initiateur du mouvement de fusion actuel. Probablement qu’il ne veut pas se mettre sa base à dos lorsqu’il déclare : « Pour ces fusions de proximité qui concernent des villages de quelques centaines d’habitants, je ne suis pas opposé. Mais, dès qu’on élargit le territoire, il y a danger pour nos associations locales, le bénévolat qui nous fait vivre. »

Pour le reste c’est un vrai festival de pessimisme envers l’avenir et de déclarations défensives contre ce que tous les élus du département  ont bien compris comme étant une attaque contre les communes et la démocratie communale.

277 maires d’Indre-et-Loire réunis à Tours ce jeudi

01/12/2016 05:46
Le congrès des maires, grand-messe annuelle des élus du département. - Le congrès des maires, grand-messe annuelle des élus du département. - (Photo archives 2015)

Le congrès des maires, grand-messe anuelle des élus du département

 Pour les élus des 277 communes d’Indre-et-Loire réunis ce jeudi en congrès au Vinci à Tours, une grande page territoriale se tourne.

 Le congrès des maires 2016 sera celui qui tournera la page. La grande page territoriale. Et à ce titre-là, il restera dans les annales.

Communes nouvelles. L’an prochain, il n’y aura plus 277 communes, mais moins car certaines commencent à s’unir (lire ci-dessous). Dès le 1er janvier 2017, et jusqu’aux municipales 2020, le mouvement devrait s’accélérer. « Pour ces fusions de proximité qui concernent des villages de quelques centaines d’habitants, je ne suis pas opposé. Mais, dès qu’on élargit le territoire, il y a danger pour nos associations locales, le bénévolat qui nous fait vivre », estime Pierre Louault, président des maires. Jacques Mérel, ancien maire de La Membrolle-sur-Choisille, freine des quatre fers : « Attention à ne pas perdre cet esprit communal. » Esprit communal et ambiance villageoise. « Nos administrés sont inquiets de la perte de leurs services publics, petits commerces, café et épicerie du coin, de la fermeture du bureau de Poste, des transports. Nos élites et élus ne doivent pas se déconnecter des réalités du terrain. »
Fusions territoriales. C’est l’actualité. Le département se limitera début janvier à onze grands territoires, moitié moins. Grand chamboule tout programmé. Le préfet est à la manœuvre et commence à signer les arrêtés de transfert. Les frontières vont bouger, et pas qu’à la marge. Ces intercommunalités géantes, tel le Lochois à soixante-huit communes, vont installer leur pouvoir et leurs compétences, organiser leurs personnels et services. Vaste chantier ! Vouvrillon-Montlouisien, Sainte-Maure – Bouchardais – Richelais ont du pain sur la planche, parmi d’autres. Le président du Boucharchais, Christian Pimbert, est optimiste : « On va plonger dans le grand bain. On va faire du domino durant quelques mois, mais nos projets et investissement ne doivent pas s’arrêter. » Mais, c’est au nord, entre Racan et Gâtine-Choisilles, que la pilule de la fusion est la plus dure à avaler. Il y a une vraie levée de boucliers en Racan, avec menace d’un recours en justice, rébellion d’habitants. Qui dit fusion dit aussi suppression de conseillers communautaires pourtant élus en 2014 au suffrage universel. Certains, tel Jean Becq de Fouquières à Cinq-Mars-la-Pile, crient au scandale et au « déni de démocratie ».
Les maires de demain. Beaucoup s’interrogent. Les maires délégués d’immenses territoires seront-ils, demain, des pions, des « caisses d’enregistrement », des machines à voter ? « Nous entrons dans une nouvelle ère »,encourage François Grandemange, maire de Continvoir en Bourgueillois, favorable aux unions mais qui s’inquiète, toutefois, de voir la ruralité devenir la dernière roue du carrosse.

«  La commune est morte, vive la commune  »

Le doyen Jean Savoie, maire de Pouzay, est « désespéré » de l’évolution des choses alors que « ce sont les communes qui font le maillage territorial ». Et il rappelle que dans certaines campagnes, comme sur le plateau de Sainte-Maure, « on n’a pas le haut débit, la TNT fonctionne mal et on est en zone blanche pour le téléphone portable ». On serait donc encore ravitaillé par les corbeaux dans de profondes et lointaines vallées tourangelles…
Les générations d’élus locaux se renouvellent de moitié tous les six ans. Les plus jeunes voient autrement l’évolution des mœurs communales. Et des anciens suivent le mouvement, à l’image du maire de Saint-Patrice, François Augé, élu depuis dix ans : « La commune est morte ? Vive la commune ! » Une conclusion aussi royale que républicaine.

Olivier Pouvreau
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