Dans la presse

Une « formation » aux Communes nouvelles ?

La Nouvelle République s’est fait l’écho d’une surprenante réunion à la Grange de Nazelles le 20 octobre. Initiée par l’Union Départementale des Elus Socialistes et Républicains (UDESR) elle a réuni une trentaine d’élus de tout le département en présence de la secrétaire d’Etat en charge des Collectivités territoriales.

Mais non ! ce n’est pas une affaire commandée d’en haut, puisqu’on vous le dit…

Gustave Courbet, « La Rencontre » dit aussi « Bonjour, Monsieur Courbet » (1854)

« Ah, vous ici ! Quelle surprise ! »

Alors là ça ressemble quand même à un aveu ! Ceux qui n’y croyaient pas sont bien obligés de constater que pourtant si c’est bien vrai : cette histoire de commune nouvelle dépasse largement nos petits villages de Saint-Ouen-les-Vignes et de Montreuil.

Une réunion impulsée par le groupe des élus socialistes du département qui organise à deux pas de chez nous une réunion sur le thème des communes nouvelles et « ah ! ça tombe pas mal ! » la secrétaire d’état (du parti socialiste elle aussi) passait justement le coin de la rue. Evidemment il a bien fallu l’inviter.

Une question, perfide, me brûle les lèvres : « La journée de formation était-elle obligatoire ? Les élus avaient-ils le choix d’y aller ou non ? » Je ne plaisante qu’à moitié…

Bon en tout cas c’est comme ça, le hasard fait bien les choses et tout s’est bien goupillé. Après tout, mieux vaut s’adresser au bon dieu qu’à ses saints et quoi de mieux que de boire à la source même de la loi commune nouvelle les bienfaits de celles-ci ? C’est sûr qu’avec une formation de cet acabit nos élus, qui étaient déjà fort zélés en matière de bienfaits des communes nouvelles, vont devenir encore plus performants pour nous vendre leur projet qui fait fureur parmi les habitants depuis son lancement.

Eh bien nous, nous continuerons à privilégier les témoignages d’habitants ayant vécu ces fusions ou ayant réfléchi sur ce thème car nous pensons qu’ils ont les mêmes intérêts et objectifs que nous : vivre tranquillement leur vie sans hausse excessive d’impôts ou sans transformation radicale de leur environnement social, sans qu’on leur supprime des services publics, sans être contraint à faire les mêmes démarches que lors d’un déménagement mais sans déménager.

Chacun boit à la source qu’il se choisit.

Mais alors qui c’est qui décide ?

En tout cas la réunion n’a pas dû plaire à tous les élus car les propos rapportés de madame la secrétaire d’état semblent indiquer que certains dans la salle ne voyaient pas forcément d’un bon œil cette grandiose idée de commune nouvelle, du moins pas tout de suite et pas comme ça.

Ainsi elle a dû rassurer les élus locaux, écrit la journaliste. Ah bon ! ils avaient besoin d’être rassurés les ingrats ? Rassuré de quoi ? Tout le monde ne trouve donc pas cette idée formidable ?

Certains auraient même pu émettre des doutes sur la liberté de choix des élus de ne pas fusionner. C’est du moins ce que l’on comprend quand on lit ces propos :

Les élus municipaux (…) sont « souverains » et « personne ne forcera une commune à fusionner avec une autre »

Moi je dis : si madame la secrétaire d’état déclare ce genre de chose c’est peut-être parce que des élus se posaient franchement la question.

Saint-Ouen et Montreuil : la raison et le désir

En tout cas la suite de l’article semble être écrite uniquement pour évoquer notre petit cas de villages devenus zone expérimentale des communes nouvelles sur l’Indre-et-Loire.

La scène se déroule en deux temps dans une opposition de styles très nette : dans le premier temps madame la secrétaire d’état dans un style raisonnable semble décrypter le cas audonien :

Mais quand ça coince, ça coince : Estelle Grelier, qui est élue locale en Normandie, a assisté là-bas à « un épisode épouvantable » : une « dé-fusion » causée par un recours d’habitants portant sur une question de procédure

Elle pensait peut-être bien au cas de Bois-Guillaume-Bihorel sur lequel nous ferons prochainement un article. Il faut dire que les maires avaient fait très fort : une consultation avait mis le non vainqueur largement dans les deux villages et ils avaient fusionné quand même. Bizarrement, les gens n’étaient pas très contents après.

En tout cas il y a fort à parier que l’existence d’un mouvement citoyen sur Saint-Ouen-les-Vignes soit arrivé jusqu’aux oreilles de madame la secrétaire d’état qui semble ici prêcher la prudence et la sagesse à madame le maire.

C’est le second temps qui démarre, madame le maire est décrite « tout ouïe » et, alors que nous écrivions la veille de la publication de cet article de la Nouvelle République à quel point le nombre d’inscriptions pour les groupes de travail municipaux était faible, se félicite du succès auprès des Audoniens de l’entreprise:

Visiblement la question intéresse [les Audoniens] : « Ils sont une dizaine à avoir envoyé leur candidature », précisait le maire de Saint-Ouen-les-Vignes

En conclusion : difficile de dire après ça que les communes nouvelles ne sont pas souhaitées ardemment par le pouvoir central et que les communes ne sont pas incitées, à travers des « formations » à y passer. Difficile également de ne pas voir que l’obstination de Madame Adrast interroge à tous les niveaux et même à celui du gouvernement, c’est dire !

Communes nouvelles : la parole est à la ministre

24/10/2016 05:35

Estelle Grelier, jeudi à Nazelles-Négron, aux côtés de Wilfried Schwartz, maire de La Riche et président de l'Union départementale des élus socialistes et républicains. - Estelle Grelier, jeudi à Nazelles-Négron, aux côtés de Wilfried Schwartz, maire de La Riche et président de l'Union départementale des élus socialistes et républicains.

 Estelle Grelier, jeudi à Nazelles-Négron, aux côtés de Wilfried Schwartz, maire de La Riche et président de l’Union départementale des élus socialistes et républicains.

Estelle Grelier, secrétaire d’État chargée des Collectivités territoriales, est venue donner sa vision des communes nouvelles aux élus locaux.

  Des communes qui se marient pour créer une nouvelle entité appelée « commune nouvelle » ? C’est un sujet important, en Amboisie, où Saint-Ouen-les-Vignes et Montreuil-en-Touraine envisageaient jusqu’à l’été d’effectuer un tel rapprochement. Mais la mobilisation d’un collectif d’habitants, ajoutée à la frilosité de plusieurs élus au sein des communes concernées, ont poussé les majorités à ajourner ce projet, sur lequel elles continuent toutefois de travailler assidûment. Pas simple !

«  Personne ne forcera une commune à fusionner avec une autre  »

Pour aider ses adhérents à y voir clair sur ce sujet d’actualité induit par la réforme territoriale, l’Union départementale des élus socialistes et républicains a organisé une journée de formation, jeudi, à la grange de Négron. Les trente élus qui ont participé ont carrément reçu la visite de la secrétaire d’État chargée des Collectivités territoriales, Estelle Grelier, de passage en Touraine pour une visite officielle (lire notre édition de samedi).« Personne n’a vu venir à ce point le mouvement des communes nouvelles », a indiqué la ministre, annonçant que 1.471 « communes historiques » avaient déjà fusionné en France (lire l’encadré).
Elle a aussi voulu rassurer les élus municipaux : ils sont « souverains », et « personne ne forcera une commune à fusionner avec une autre ». Et d’insister sur un point fondamental : « Pour que ça fonctionne, il faut avoir un projet pour la nouvelle commune. Et l’adhésion et le consentement des habitants. »
Mais quand ça coince, ça coince : Estelle Grelier, qui est élue locale en Normandie, a assisté là-bas à un « épisode épouvantable » :une « dé-fusion » causée par un recours d’habitants portant sur une question de procédure.
Dans la salle, les maires de Montreuil-en-Touraine et de Saint-Ouen-les-Vignes étaient tout ouïe. Les groupes de travail qui sont en train d’être constitués dans ces deux villages pour élaborer le projet de commune nouvelle, seront justement ouverts aux habitants. Visiblement, la question les intéresse : « Ils sont une dizaine à avoir envoyé leur candidature », précisait vendredi Marie-Joëlle Adrast, maire de Saint-Ouen-les-Vignes.

chiffres-clé

> Le texte parlementaire de Jacques Pélissard simplifiant les procédures de regroupement de communes, adopté à l’unanimité en mars 2015, a permis de réduire le nombre de communes en France, a souligné la secrétaire d’État Estelle Grelier. « Nous sommes passés bien en dessous du seuil des 36.000 communes, réputé jusqu’alors infranchissable », a-t-elle déclaré. La France comporte désormais 34.849 communes, puisque 1.471 « communes historiques » se sont regroupées au sein de 435 communes nouvelles, dans lesquelles vivent 1,6 million d’habitants.

Magalie Basset
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