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Les conseils municipaux d’Allouville et d’Écretteville sursoient à une union au sein d’une commune nouvelle

Publié 19/06/2016 á 21H50

 

Vendredi dernier, les conseils municipaux d’Allouville et d’Écretteville devaient ratifier leur union au sein d’une commune nouvelle. Devant l’opposition de la population, les deux maires ont préféré surseoir !

 «Non à la fusion d’intérêts privés ; oui à un vrai projet de regroupement ; non à un arrangement opportuniste et sans avenir. » Les opposants à la création de la commune nouvelle Allouville-Écretteville n’ont pas lésiné sur les slogans, jusqu’à un énigmatique « Écretteville, c’est où ? »

Vendredi dernier, emmenés par le docteur Pierre Hurtebize, candidat malheureux aux dernières Régionales, qui avait trouvé on ne sait où une antique affiche du film Le Chêne d’Allouville, ils ont envahi pacifiquement la salle du conseil municipal d’Allouville-Bellefosse où Didier Terrier avait convoqué un conseil municipal extraordinaire. Au menu, une seule question : « Êtes-vous pour ou contre la création de la commune nouvelle Allouville-Écretteville ? » Il faut croire que Didier Terrier avait des antennes ou du moins des agents de renseignements très efficaces. Au dernier moment, les quinze conseillers, maire compris, ont eu à se prononcer sur une tout autre délibération : « Souhaitez-vous surseoir au projet de commune nouvelle Allouville-Écretteville ? » Comme un seul homme, le conseil a voté oui, sauf un conseiller, sans doute dérouté par ce virage à 180°. Au même instant, Éric Renée, maire d’Écrettevile-les-Baons, faisait voter la même délibération par son conseil municipal qui, lui, siégeait de façon ordinaire et sans aucun public.

ATTACHEMENT VISCÉRAL

Mariage raté, donc, alors que les deux prétendants ne souhaitaient qu’une chose, convoler en justes noces ! Ce n’est pas faute d’avoir préparé le terrain : trois réunions publiques avaient été organisées dans les deux communes, le 8 janvier, le 30 mars et le 2 juin. Une consultation avait même été menée au sein de la population au travers d’un questionnaire. Une courte majorité s’était dégagée en faveur de la création de la commune nouvelle, même si des questions étaient restées en suspens, comme l’épineux nom de la nouvelle commune.

Mais, visiblement, les populations des deux villages ne sont pas encore prêtes à fusionner. On peut néanmoins s’en étonner. Après tout, le centre aéré d’Allouville accueille les enfants des deux communes, tout comme le groupe scolaire Nicolas-Vanier. Les liens entre les associations d’Allouville et d’Écretteville sont réels et les Écrettevillais, dépourvus de commerce dans leur village, vont faire leurs courses dans la Cité du chêne, qui, elle, bénéficie d’un tissu commercial riche et actif.

Il faut croire que ces arguments rationnels sont de peu de poids face à l’attachement viscéral des habitants à leur clocher et à leur peur de perdre leur identité, certains diront même leur âme. L’argument d’un Pierre Hurtebize, qui pense que le mariage de deux communes seulement n’a pas grand sens, à l’époque où il faut voir grand, a dû peser lourd dans le rejet de la population. La décision des deux maires de surseoir coulait donc de source et traduit de leur part un sens politique certain. Qui plus est, les dernières annonces gouvernementales repoussant la date butoir de création des communes nouvelles et l’arrêt de la diminution de la dotation globale de fonctionnement, ont quelque peu changé la donne.

Pour autant, Allouville et Écretteville pourront-ils, à terme, rester tout seul dans leur coin, alors qu’autour d’eux, les fusions de communes se multiplient à l’envi, portées par une lame de fond irrésistible !

Un problème de nom

« Si c’est le nom qui bloque, c’est dommage ! » se désole Éric Renée, le maire d’Écretteville, mais il reconnaît : «Nous n’avons pas été assez pédagogiques dans la présentation du nom de la future commune nouvelle. Avec Didier Terrier, nous avions souhaité un terme générique, fleurant bon le terroir et rappelant le pays de Caux. C’est pourquoi, nous avions pensé à Acanteville-en-Caux, acente voulant dire en Cauchois, soutenir, s’appuyer. Et puis, une appellation générique permettait d’accueillir ultérieurement de nouvelles communes, sans froisser personne. Visiblement, pour les gens d’Allouville, ce n’est pas possible ; il faut à tout prix que le nom de la Cité du chêne apparaisse dans celui de la commune nouvelle. »
Même analyse chez Didier Terrier : « Les Allouvillais ne sont pas contre la fusion des deux communes. Mais un certain nombre veulent garder à tout prix le nom d’Allouville dans la nouvelle appellation de la commune nouvelle. Je n’ai pas été élu pour diviser mais pour rassembler. Plutôt que de passer en force, j’ai préféré surseoir et donner du temps au temps. Les esprits vont se calmer. Il sera toujours temps de rouvrir le dossier plus tard. »
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