Ils ont fusionné et ils le regrettent…

Dossier: l’exemple d’Estables-sur-mer marié de force à Binic.

Les habitants d’Estables ont découvert un beau jour qu’ils allaient se marier avec la commune voisine de Binic. Stupeur générale. Après c’est le schéma auquel nous sommes habitués: constitution d’un collectif, demande de référendum, manifestations diverses… 

L’opposition a été immédiate et très vive ainsi que le montre cet article de Ouest-France dans lequel la partialité du journaliste ne laisse que peu de place au doute:

Commune nouvelle : il n’y aura pas de référendum

  • Un dernier forum sous haute tension ce mercredi soir à la salle des loisirs.
    Un dernier forum sous haute tension ce mercredi soir à la salle des loisirs. | 

Près de 350 habitants ont assisté mercredi soir à la réunion sur la fusion entre Binic et Étables. Entre élus et opposants, les échanges ont été extrêmement tendus.

350 personnes dans la salle

Plus de 350 personnes étaient mercredi soir à la salle des loisirs pour le dernier forum public organisé par Binic et Étables concernant le projet de commune nouvelle. Au programme, la gouvernance de la future commune. Un public où les opposants au mariage étaient largement majoritaires et fermement décidés à réclamer haut et fort une consultation de la population.

Une réunion en deux temps

La réunion s’est déroulée en fait en deux temps. Une première partie agitée et électrique, à la limite parfois de la violence, et une seconde partie plus apaisée où le débat contradictoire s’est instauré de manière plus sereine et constructive.

Agressivité

D’entrée de jeu, dès la première diapositive de présentation, Laurent Honoré, adjoint à Binic, se fait interpeller : « Nous sommes à Étables ! Vous n’avez pas à prendre la parole ici ! » Le ton est donné, la colère et l’agressivité sont palpables dans la salle. « Nous tenons à notre identité et notre tranquillité », lance un Tagarin. Les élus tentent d’avancer dans leur présentation sur la gouvernance. Aussitôt stoppés par une personne du public : « L’élection du maire de la commune nouvelle est évidente, puisque vous avez plus de conseillers à Binic qu’à Étables. On se retrouve avec Attila qui est rentré sur nos terres ! Monsieur Urvoy ne sera jamais mon maire. » Le ton monte. Les élus calment le jeu. « Vous noyez le poisson. Ce que nous voulons, c’est un référendum », scande le public.

Le référendum, « une fausse bonne idée »

Référendum, le mot est lancé. « Pourquoi ne voulez-vous pas d’un référendum », demande-t-on dans la salle. Réponse de Gérard Losq : « Nous respectons la loi qui nous permet d’utiliser les votes concordants des deux conseils municipaux. » Et Laurent Honoré de poursuivre : « Aujourd’hui, l’idée d’un référendum est une fausse bonne idée. Les citoyens ne vont pas répondre à la question de fond. Ce sera tranché contre ou pour, et on va ainsi déchirer la population plutôt que de l’unir ». « Vous essayez de nous faire le coup du 49-3 », lance-t-on dans le public. C’est alors que Gérard Losq déclare, en réponse à une énième question sur la tenue d’un référendum : « Non, il n’y aura pas de référendum… »

Les frondeurs quittent la salle

Après un déchaînement verbal où l’on peut entendre des mots comme « fascisme » et « dictature », la salle se vide d’environ 150 de ses opposants les plus irréductibles. L’ambiance s’apaise et s’instaure un débat contradictoire plus constructif et argumenté. Avec même des propositions de solutions pour sortir de ces positions arc-boutées. « Pourquoi pas un sondage plutôt qu’un référendum », lance Noël Pierre, qui propose également de s’orienter vers une mutualisation plutôt que vers une fusion. « En Sud-Goëlo, nous avons des exemples de mutualisation qui fonctionnent bien ». Réponse de Christian Urvoy : « On n’a pas tout réussi. Problème du pilotage ».

Restaurer le dialogue entre élus et citoyens

Monsieur Lagoutte intervient à nouveau sur la démarche : « Monsieur Urvoy est parti en solo. Un élément qui a faussé la démarche dès le début. La communication avec la population n’a pas été à la hauteur ». « Nous le reconnaissons, déclare Gérard Losq, mais nous vous avons entendu, et c’est pour cela que nous avons retardé le projet de deux mois ». Le public interroge les élus : « Mais comment restaurer le dialogue entre élus et citoyens ? ». « Pour rapprocher élus et citoyens, il faudra mettre en place des structures de travail partenariales et envisager un référendum pour les prochaines fusions qui pourraient être réalisées avec d’autres communes voisines. »

La télévision régionale s’en mêle dans un ton nettement plus objectif et, pour ceux qui ont l’habitude de consulter les articles de ce blog, il est frappant de voir à quel point les arguments des collectifs sont toujours les mêmes là où se montent ces projets qui ne font aucun cas des habitants:

Malgré tout la municipalité choisit le passage en force, méprise ses habitants et fusionne avec Binic. Fin de l’histoire ? Pas du tout ! Le collectif se structure et appelle maintenant à une dé-fusion en utilisant tous les recours possibles. Notamment un recours au tribunal administratif:

Leur blog, très complet, mérite le coup d’œil pour ceux qui ont du temps. La page vidéo contient notamment tous les conseils municipaux. Exemple: 

Au final, nous avons là un exemple remarquable à plusieurs égards :

-Projet qui se monte dans le plus grand secret, y compris vis-à-vis des conseillers municipaux suspectés de s’opposer

-Mobilisation massive de la population pour obtenir un référendum

-Autisme d’une partie de l’équipe municipale prête à tout pour faire passer son projet anti-démocratique et liberticide

-Courage des habitants qui continuent la lutte. Même une fois la fusion actée ils ne se démobilisent pas!

Pour laisser un petit mot de soutien des Audoniens aux Tagarins c’est par ici. Un petit mot c’est pas grand chose mais c’est du réconfort.

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