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Dans l’Indre la commune nouvelle de Val Fouzon a tenté l’expérience de la commune nouvelle. Les communes volontaires étaient douze au départ pour se retrouver, un an après, à trois. Le maire de la commune nouvelle de Val Fouzon et le maire de Gargilesse, président de l’association des maires ruraux, se rejoignent sur un point:  « si les communes veulent fusionner, elles doivent pouvoir le faire. Mais à mon avis, seule la population a le droit de choisir. Car aucun maire, dans son programme électoral de 2014, a annoncé qu’il voulait se faire élire pour provoquer la disparition de sa commune. »

Communes nouvelles : la preuve par le neuf

01/03/2016 05:38
Philippe Jourdain, maire de la commune nouvelle de Val Fouzon. - Philippe Jourdain, maire de la commune nouvelle de Val Fouzon.

Philippe Jourdain, maire de la commune nouvelle de Val Fouzon.

Les premières communes nouvelles de l’Indre sont en place depuis quelques semaines. La mise en route est compliquée. Mais cela fonctionne.

 Douze sur la ligne de départ, quatre au milieu du gué et trois à l’arrivée : la mise en place de la commune nouvelle de Val Fouzon a constitué une singulière course par élimination. Fervent défenseur du projet, Philippe Jourdain a longtemps espéré que Sembleçay se joindrait au mouvement naissant. Le président de la Communauté de communes Chabris-Pays de Bazelle se retrouve finalement à la tête d’un attelage constitué de Varennes-sur-Fouzon, Parpeçay et Sainte-Cécile. En petit comité. Mais sans aucun regret.

« On sait que les petites communes vont disparaître. On sait aussi que les mariages forcés ne fonctionnent pas. L’union qui a été officialisée le 1er janvier est, tout au contraire, un choix librement consenti, appelé de tous leurs vœux par les différents élus », souligne Philippe Jourdain. Il y a évidemment l’enjeu économique : la loi du 16 mars 2015 sur les communes nouvelles permet de percevoir, pendant trois ans, une dotation « au moins égale à la somme des dotations perçues par chacune des anciennes communes » en 2015, avec un bonus de 5 %. Il y a aussi la volonté d’être plus forts en étant plus nombreux, sans qu’aucune des entités ne perde son âme.

Découverte quotidienne

« Nous avons mis en place une charte qui cherche à préserver les intérêts des trois communes. Chaque village conserve sa mairie, sa secrétaire et un budget qui permet, pour les communes déléguées, de gérer l’animation festive et les cérémonies. On ne veut pas faire disparaître. Mais globaliser, poursuit Philippe Jourdain. En regroupant nos assurances, nous économisons 41 % des sommes habituelles. Pour les extincteurs, c’est 25 % en moins. Nos différentes cotisations sont divisées par deux. » Quelques exemples parmi beaucoup d’autres. « Le plus dur, finalement, est réservé à nos différentes secrétaires. Pour elles, la commune nouvelle, à travers notamment la mise en place d’un nouveau logiciel, c’est une découverte au quotidien. Et ce n’est sans doute pas toujours facile à vivre. »
Ultime interrogation, d’ordre financier : cela rapporte-t-il beaucoup, la nouvelle fonction de maire de commune nouvelle ? « J’ai décidé de conserver mes émoluments de maire de Parpeçay qui se montent à 580 €. Pas d’augmentation en vue ! »

bruno.mascle@nrco.fr

repères

Plus d’un millier d’habitants

Un maire, deux maires délégués, sept adjoints et trente-trois conseillers municipaux : ainsi est constitué le conseil de la commune nouvelle de Val Fouzon qui dépasse dorénavant le millier d’habitants.
Un chiffre qui n’aura rien d’immuable : lors des prochaines élections municipales programmées en 2010, le nombre de conseillers municipaux diminuera pour passer à dix-neuf conseillers.

billet

C’est l’avenir

Les communes sont un système hérité de la Révolution française. Difficile d’effacer d’un trait de plume, cette riche histoire vieille de plus de deux cents ans. Reste ce constat : les villages dépeuplés d’aujourd’hui n’ont absolument plus rien à voir avec les vigoureuses entités paysannes du début du XXe siècle, avant la mécanisation puis la mondialisation. La commune nouvelle qui peine à trouver ses marques dans l’Indre, n’est pas un remède. Mais une des solutions qui permettront à des cités devenues trop petites et sous-équipées, de rêver à un meilleur avenir.

la phrase

 » Ni pour ni contre, bien au contraire. « 

« La commune nouvelle, je suis ni pour, ni contre, bien au contraire, souligne Vanik Berberian, maire de Gargilesse et président de l’Association des maires ruraux.Au-delà de la boutade, si les communes veulent fusionner, elles doivent pouvoir le faire. Mais à mon avis, seule la population a le droit de choisir. Car aucun maire, dans son programme électoral de 2014, a annoncé qu’il voulait se faire élire pour provoquer la disparition de sa commune. »
« Avancer le maintien des dotations pour proposer la création d’une commune nouvelle, c’est d’une médiocrité incroyable. Et ce n’est pas de communes nouvelles dont on a besoin, mais d’un véritable aménagement des territoires. Les communes nouvelles ne changent pas le problème de fond qui est celui des moyens. A plusieurs, effectivement, on augmente les moyens. Mais on augmente également les besoins. Quel est le gain pour la population ? »

à suivre

Au tour de Vatan ?

D’autres projets de communes nouvelles sont visiblement en cours dans l’Indre. On évoque notamment le dossier concernant les communes de Saint-Florentin, La Chapelle-Saint-Laurian et Vatan. « Pour l’instant, il n’y a officiellement aucun projet », affirme la maire de Vatan, Clarisse Pépion. Tout juste consent-elle à déclarer : « Nous sommes au tout début d’une réflexion ».

Bruno Mascle
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